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Intermittent du spectacle : salaire et 507 heures

Cachets, salaire brut, 507 heures et allocation : ce guide explique la période de référence, les minima conventionnels et les limites du calcul en 2026.

Intermittent du spectacle : salaire et 507 heures

Le salaire d’un intermittent du spectacle n’a pas de montant national unique. Un cachet est payé selon le contrat et la convention collective, tandis que France Travail le convertit en 12 heures pour l’affiliation des artistes à l’annexe 10. Les 507 heures se recherchent sur les 12 mois précédant une fin de contrat retenue. L’allocation est calculée séparément.

Combien gagne un intermittent du spectacle ?

Un intermittent peut recevoir un salaire versé par un employeur pendant ses contrats, puis une allocation d’assurance chômage entre deux périodes d’emploi. Le montant dépend du métier, de la convention collective, du contrat, du nombre de jours travaillés et des paramètres de l’annexe 8 ou de l’annexe 10. Chercher un salaire mensuel moyen unique donne donc un résultat trompeur.

Les sources officielles consultées ne documentent pas de taux fixe pour passer du brut au net. Les cotisations et la situation de chaque salarié empêchent de poser sérieusement une règle du type « brut multiplié par 0,XX ». Le GUSO rappelle que les minima salariaux viennent de la convention collective applicable. Pour lire ces différences, utilisez notre simulateur de cachet GUSO, qui explique le calcul sans confondre ces montants.

Le mot « salaire » recouvre donc au moins deux réalités. Le premier montant figure sur le contrat et la paie. Le second, l’ARE, est déterminé par France Travail après examen des heures, du salaire de référence et des conditions d’ouverture ou de réadmission. Cette séparation est le point de départ du calcul.

Pourquoi 12 heures par cachet ne sont-elles pas 12 heures payées ?

Pour la recherche d’affiliation de l’annexe 10, l’Unédic retient un cachet pour 12 heures, qu’il soit isolé ou groupé. Cette équivalence sert à compter les heures nécessaires au régime d’assurance chômage. Elle ne décrit ni la durée réelle du spectacle, ni la durée d’un service rémunéré, ni un minimum de paie. C’est une conversion administrative, pas une règle de multiplication du salaire.

L’exemple de la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles, présenté par Légifrance, montre l’écart. Pour un artiste musicien en CDD de moins d’un mois, le cachet de base indivisible correspond à un service de 3 heures dans cette convention. Les heures supplémentaires sont payées au prorata. On peut donc avoir 3 heures comme repère de service rémunéré et 12 heures pour l’affiliation, sans contradiction.

QuestionRègle à retenirSource
Combien d’heures pour l’affiliation d’un artiste en annexe 10 ?12 heures par cachet retenuArticle 3 de l’annexe 10 de l’Unédic
Combien d’heures pour un service dans l’exemple CCNEAC ?3 heures pour le cachet de base indivisible citéLégifrance, CCNEAC
Quel montant pour tous les intermittents ?Aucun minimum national uniqueGUSO, réglementation

Combien de cachets faut-il pour atteindre 507 heures ?

Avec uniquement des cachets d’artiste admissibles, 43 cachets peuvent suffire à franchir le seuil : 42 cachets représentent 504 heures, tandis que 43 cachets représentent 516 heures. Cette arithmétique ne garantit pas une ouverture de droits. Chaque cachet doit entrer dans le champ du régime, la période de référence doit être la bonne et les plafonds mensuels doivent être respectés.

Nombre de cachetsConversion UnédicLecture
4242 × 12 = 504 heuresLe seuil de 507 heures n’est pas atteint
4343 × 12 = 516 heuresLe seuil est dépassé si les cachets sont retenus

L’annexe 10 limite aussi à 28 le nombre de cachets pris en compte par mois. Lorsque la période de référence ne couvre qu’une partie d’un mois, la limite est proratisée. Cette règle explique pourquoi un compteur global peut sembler suffisant alors qu’une partie des cachets ne sera pas retenue. Le chiffre de 43 est donc un repère de calcul, pas une promesse de droits.

Pour les techniciens, le raisonnement change. Le GUSO indique qu’ils sont déclarés en heures et que les cachets concernent les artistes. Il signale une exception pour les techniciens réalisateurs, qui peuvent être rémunérés au cachet et ou à l’heure selon le cas. Un technicien son ne doit donc pas reprendre automatiquement l’équivalence de 12 heures par cachet.

Sur quelle période France Travail recherche-t-il les 507 heures ?

La période de référence correspond aux 12 mois qui précèdent la fin de contrat retenue pour l’ouverture des droits. France Travail formule cette règle pour les artistes et les techniciens. Elle ne correspond ni à l’année civile, ni à un compteur qui repartirait automatiquement des douze derniers mois à la date où vous consultez votre compte.

Le point de départ est donc une fin de contrat prise en considération. Deux contrats séparés par plusieurs mois ne se lisent pas comme deux années indépendantes. Les heures les plus anciennes sortent progressivement de la fenêtre pendant que les nouvelles y entrent. C’est ce mécanisme qui rend possible le passage au-dessus ou au-dessous du seuil sans changement de métier.

Pour la réadmission, l’Unédic prévoit un examen au lendemain de la date anniversaire, correspondant en principe au terme des 12 mois suivant la fin de contrat retenue pour l’ouverture précédente. Si vous travaillez encore dans le champ des annexes 8 ou 10 à cette date, l’examen intervient à la fin de cette période d’emploi. Si les conditions ne sont pas remplies, la situation est réexaminée après une nouvelle rupture de contrat. La règle mérite d’être vérifiée sur l’annexe 10 en vigueur selon votre situation.

Les documents employeur comptent autant que le calcul personnel. France Travail indique que l’attestation employeur mensuelle, ou AEM, doit être déposée au plus tard à l’échéance des contributions, le 15 du mois suivant la période d’emploi. Un dépôt tardif peut retarder l’indemnisation. Un compteur personnel ne remplace donc pas les AEM et les justificatifs conformes.

Quelles heures et quels contrats peuvent compter ?

Les annexes 8 et 10 ne couvrent pas les mêmes métiers. L’annexe 10 concerne les artistes du spectacle. L’annexe 8 concerne les ouvriers et techniciens. Dans les deux cas, la règle d’ouverture actuelle repose sur 507 heures dans les 12 mois précédant la fin de contrat retenue. La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 a été agréée en décembre 2024 et s’applique depuis le 1er janvier 2025, avec certaines mesures générales entrées en vigueur le 1er avril 2025. Les textes à consulter sont les annexe 8 et annexe 10 de l’Unédic.

Certaines heures d’enseignement peuvent être assimilées sous conditions. France Travail retient actuellement un maximum de 70 heures pour les personnes de moins de 50 ans et de 120 heures à partir de 50 ans. L’activité doit être en rapport avec le métier et réalisée dans un établissement répondant aux conditions prévues. L’enseignement et la formation assimilée partagent un plafond de deux tiers des 507 heures, soit 338 heures. Ces heures et leurs rémunérations ne servent pas au calcul du montant de l’allocation journalière.

La formule « toute formation compte » est donc trop large. L’annexe 10 vise certaines actions qui concourent au développement des compétences et exclut notamment celles qui sont rémunérées par l’assurance chômage. La page de France Travail sur les heures d’enseignement doit servir de contrôle avant de les ajouter à votre propre total.

Comment l’allocation journalière est-elle calculée ?

L’allocation journalière ne se déduit pas du nombre de cachets seul. Pour l’annexe 10, l’Unédic combine le salaire de référence, les heures travaillées et un paramètre affiché à 31,96 euros. Pour l’annexe 8, le paramètre est le même, mais les coefficients diffèrent. Les textes officiels donnent les formules suivantes.

Annexe 10, artistesAnnexe 8, techniciens
Partie A31,96 × [0,36 × SR jusqu’à 13 700 € + 0,05 × SR au-delà] ÷ 5 00031,96 × [0,42 × SR jusqu’à 14 400 € + 0,05 × SR au-delà] ÷ 5 000
Partie B31,96 × [0,26 × NHT jusqu’à 690 h + 0,08 × NHT au-delà] ÷ 50731,96 × [0,26 × NHT jusqu’à 720 h + 0,08 × NHT au-delà] ÷ 507
Partie C31,96 × 0,7031,96 × 0,40
Plancher annoncé par le texte44 € par jour, sous les réserves prévues38 € par jour, sous les réserves prévues

Dans ces formules, SR désigne le salaire de référence et NHT le nombre d’heures travaillées. Une participation de 0,93 % du salaire journalier moyen est retenue dans les conditions prévues par l’article 19 de l’annexe 10. Elle ne peut pas faire descendre l’allocation sous le paramètre minimal prévu par le texte. La valeur de 32,13 euros annoncée par l’Unédic pour l’allocation minimale du régime général au 1er juillet 2026 ne remplace donc pas le paramètre 31,96 euros des annexes 8 et 10. L’Unédic a indiqué le 30 juin 2026 qu’aucune majorité n’avait été réunie pour revaloriser les allocations au 1er juillet.

Voici un calcul pédagogique de l’annexe 10, avec un SR de 18 000 euros et 620 heures. La partie A vaut 32,90 euros, la partie B 10,16 euros et la partie C 22,37 euros. L’AJ calculée atteint 65,43 euros par jour. Ce chiffre n’est pas un montant mensuel garanti et ne constitue pas un exemple publié par France Travail. Les jours indemnisables, les franchises, les différés, la participation, le salaire du mois et la limite de cumul interviennent ensuite.

Combien de jours sont réellement indemnisables dans le mois ?

Le calcul mensuel ne consiste pas à additionner une allocation journalière multipliée par 30 et tous les cachets. Dans l’annexe 10, France Travail retient le nombre d’heures travaillées divisé par 10 pour déterminer les jours de travail, puis calcule les jours indemnisables en retirant ces jours multipliés par 1,3 du nombre de jours calendaires du mois. Pour l’annexe 8, la division se fait par 8 et le coefficient est 1,4.

RégimeJours de travail retenusJours indemnisables
Annexe 10, artistesHeures travaillées ÷ 10Jours calendaires du mois − jours de travail × 1,3
Annexe 8, techniciensHeures travaillées ÷ 8Jours calendaires − jours de travail × 1,4

Les rémunérations professionnelles et les allocations sont aussi cumulables dans la limite de 1,18 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale, selon les annexes 8 et 10. Cette limite protège le calcul contre une addition mécanique du salaire et de l’ARE. Elle doit être appliquée avec les paramètres du mois concerné, pas transformée en promesse de revenu mensuel.

Quel minimum de salaire peut-on prendre comme repère ?

Il n’existe pas de « cachet minimum 2026 » valable pour tous les intermittents. Le GUSO renvoie aux conventions collectives. Pour donner un repère musical daté, la grille de la CCNEAC affichée comme en vigueur étendu par Légifrance a été revalorisée au 1er juin 2024. Les montants ci-dessous sont des minima bruts liés à cette convention et à la situation indiquée.

Situation dans la grille CCNEACMinimum brut publié
Ensemble avec nomenclature, service indivisible de 3 heures116,34 €
Ensemble sans nomenclature, représentation, cas général164,29 €
Musiques actuelles, représentation, cas général164,29 €
Musiques actuelles, 7 représentations ou plus par 15 jours144,57 €
Musiques actuelles, salle de moins de 300 places116,34 €
Musiques actuelles, première partie116,34 €
Musiques actuelles, plateau découverte116,34 €
Autres entreprises, représentation116,34 €

Ces montants appartiennent à une convention et à une grille datée. Ils ne sont ni un salaire net, ni un coût employeur, ni un tarif conseillé pour un groupe. Le nombre de musiciens, les frais, la salle, la nature de la représentation et la convention retenue changent la lecture du budget. Pour préparer une négociation, notre page sur le tarif d’un groupe pour un concert sépare ces unités au lieu de les mélanger.

Le SMIC brut horaire est fixé à 12,31 euros depuis le 1er juin 2026 en métropole et dans les territoires mentionnés par l’arrêté, soit 1 867,02 euros par mois pour 35 heures par semaine. À Mayotte, l’arrêté indique 9,56 euros de l’heure. L’arrêté publié par Légifrance donne ces valeurs. Il ne faut pas multiplier 12,31 euros par les 12 heures d’équivalence Unédic pour fabriquer un cachet minimum.

Pourquoi 507 heures ne donnent-elles pas un paiement immédiat ?

Atteindre le seuil permet l’examen d’une ouverture ou d’une réadmission. Le paiement peut ensuite être décalé par les règles prévues dans l’annexe 10. Le texte prévoit une franchise de congés payés calculée à raison de 2,5 jours par tranche de 24 jours travaillés, dans la limite de 30 jours. Il prévoit aussi un éventuel différé spécifique lié à certaines indemnités de fin de contrat, plafonné à 75 jours, ainsi qu’un délai d’attente de 7 jours dans les conditions de l’article 22.

Le moment de l’inscription mérite aussi de la prudence. Pour une première demande, France Travail conseille de s’inscrire une fois les 507 heures réunies. Si vous vous inscrivez avant et qu’un droit au régime général peut déjà être ouvert, ce droit peut être servi. Les activités de spectacle utilisées pour cette ouverture ne pourront ensuite plus servir à une admission aux annexes 8 ou 10. La page Devenir intermittent de France Travail expose cet avertissement.

Pour une date employée par un lieu qui entre dans le champ du GUSO, vérifiez l’employeur, le contrat et les déclarations avant de parler uniquement de net. Le GUSO simplifie une démarche, mais il ne remplace pas la convention collective et ne transforme pas un budget annoncé en salaire net garanti.

Quelles sont les questions fréquentes sur le salaire intermittent ?

Faut-il obligatoirement 43 cachets pour devenir intermittent ?

Non. 43 cachets représentent 516 heures lorsqu’ils sont tous retenus, ce qui dépasse 507 heures. Mais un artiste peut combiner des cachets, des heures et certaines heures assimilées. Le champ du régime, la période de 12 mois, les plafonds mensuels et les justificatifs restent à vérifier.

Un cachet de 12 heures doit-il être payé 12 fois le SMIC ?

Non. Les 12 heures sont une équivalence pour l’affiliation à l’assurance chômage des artistes en annexe 10. Le service payé suit le contrat et la convention collective. Dans l’exemple CCNEAC cité par Légifrance, le cachet de base indivisible correspond à 3 heures.

Quel salaire mensuel peut-on annoncer pour un intermittent ?

Aucun montant mensuel unique et sérieux ne ressort des sources officielles. Le salaire dépend des contrats et des minima conventionnels. L’ARE dépend ensuite du salaire de référence, des heures, des jours indemnisables, des franchises et des plafonds. Annoncer une moyenne sans ces paramètres mélange des situations différentes.

Les techniciens peuvent-ils déclarer des cachets ?

Le GUSO indique que les techniciens sont déclarés en heures. Il mentionne une exception pour les techniciens réalisateurs, qui peuvent être rémunérés au cachet et ou à l’heure. Un technicien son doit donc vérifier la qualification et la déclaration adaptées à son contrat.

La reprise des allocations est-elle automatique après 507 heures ?

Non. La date de fin de contrat, la date anniversaire, les documents employeur, les franchises, les différés et le délai d’attente peuvent modifier le calendrier. Le salaire du mois réduit aussi le nombre de jours indemnisables. France Travail examine la situation selon les règles de l’annexe concernée.

Pourquoi Ameli parle-t-elle parfois de 16 heures par cachet ?

Ameli, dans une page mise à jour le 12 janvier 2026, indique une conversion de 1 cachet pour 16 heures dans ses propres modalités d’assurance maladie. Cette valeur ne remplace pas les 12 heures de l’annexe 10, car les organismes ne calculent pas le même droit. Il faut donc toujours identifier l’administration et la règle utilisée.

Page mise à jour le 17 septembre 2026