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Éliminer le larsen des retours de scène

Éliminez le larsen des retours de scène par le placement, le gain, la directivité et l’EQ soustractive, avec une méthode sûre et vérifiable.

\u00c9liminer le larsen des retours de sc\u00e8ne

Pour éliminer le larsen d’un retour de scène, vérifiez la géométrie : rapprochez le micro de la source, éloignez le wedge du micro et exploitez la zone de rejet du diagramme polaire. Réduisez ensuite le gain de boucle, puis appliquez une encoche étroite à la fréquence instable. Un anti-feedback reste un filet.

Comment éliminer le larsen d’un retour de scène ?

Pour stabiliser un retour, vérifiez d’abord la géométrie, le niveau et les micros ouverts. Rapprochez le micro de la source, éloignez le wedge et placez-le dans l’angle de rejet du modèle utilisé. Faites un ring-out progressif, puis réduisez la fréquence instable avec une encoche étroite. Rejouez enfin un passage au niveau du concert.

  1. Rapprochez le micro de la source et gardez la bouche dans son axe utile.
  2. Éloignez le wedge du micro et rapprochez-le de l’artiste ou du public si l’installation le permet.
  3. Consultez le diagramme polaire du modèle, car un cardioïde, un supercardioïde et un hypercardioïde ne rejettent pas le son au même angle.
  4. Retirez les micros ouverts qui ne servent pas à l’écoute du moment.
  5. Identifiez l’amorce de larsen à bas niveau, puis réduisez seulement la fréquence instable.
  6. Rejouez un passage représentatif et contrôlez la voix, les changements de position et les autres sources qui peuvent réinjecter du son.

Pourquoi un retour se met-il à larsenner quand on monte le niveau ?

Le larsen est une boucle acoustique. Le haut-parleur émet un signal, le microphone en récupère une partie, la console le renvoie vers le haut-parleur et la boucle repart. Selon HARMAN et dbx, l’oscillation apparaît lorsqu’une fréquence atteint un gain de boucle supérieur ou égal à l’unité, soit 0 dB dans leur modèle, avec une phase qui entretient le signal. Le nom du bouton tourné compte moins que le gain total.

Cette explication change le diagnostic. Baisser le préampli puis remonter un fader ne crée pas automatiquement de marge. Si le gain acoustique final revient au même niveau, la condition peut rester identique. Une mauvaise structure de gain peut ajouter du bruit, réduire la marge de la console ou rendre le réglage désagréable, mais ces défauts ne remplacent pas la cause principale : le couplage entre le micro, le retour, la pièce et le niveau envoyé.

Shure refuse donc l’idée d’un microphone « sans larsen ». Le résultat dépend de l’ensemble du système. Un autre micro peut modifier la directivité, la sensibilité ou le timbre, mais il ne transforme pas une mauvaise implantation en installation stable.

Que faut-il vérifier avant de toucher à l’égaliseur ?

Quand un retour part, nous résistons à l’envie de chercher immédiatement une fréquence à couper. La première question est physique : qu’est-ce que le micro entend-il réellement ? Le son direct de la voix est-il assez fort ? Le wedge vise-t-il une zone rejetée par la capsule ? Un autre micro reste-t-il ouvert ? Le tableau suivant sert à isoler ces causes dans un ordre qui évite de creuser l’EQ par réflexe.

Ce que vous entendez ou observezPremière vérificationAction à tenter
Le larsen apparaît dès que le retour monteDistance entre la bouche, le micro et le wedgeRapprocher la source du micro et déplacer le wedge avant toute coupe
Le problème change après un changement de microDiagramme polaire du nouveau modèleReplacer le retour selon l’angle de rejet du modèle réellement utilisé
Une tonalité revient malgré plusieurs coupesGéométrie, réflexions, niveau de scène et micros ouvertsRéduire le gain de boucle à la source, puis reprendre l’EQ avec une encoche plus ciblée
Le larsen arrive seulement pendant un morceauPosition du chanteur, instrument en ouverture ou passage plus fortTester le mouvement et le niveau réels, pas seulement le silence entre deux titres
Le système automatique pose une coupe pendant une noteNature musicale du son détectéReprendre la main et vérifier les réglages de détection

Le nombre de microphones ouverts mérite une vérification séparée. Shure donne une perte d’environ 3 dB de gain disponible à chaque doublement : deux micros au lieu d’un, puis quatre au lieu de deux. Cela sert à repérer une marge mangée par des canaux qui ne servent pas à cet instant, sans fermer une ligne utile pendant le concert.

La distance aide, mais elle n’offre pas un seuil universel. Shure donne comme repère une amélioration potentielle de 6 dB à chaque doublement de la distance entre l’enceinte et le microphone. L’INRS rappelle que les réflexions des murs et du plafond réduisent l’atténuation attendue en intérieur. Une salle ne se comporte donc pas comme un espace libre. Ne transformez pas ce repère en règle du type « il faut toujours 1,5 m ».

Où placer un retour avec un cardioïde, un supercardioïde ou un hypercardioïde ?

Le bon emplacement est celui de la zone de rejet du micro utilisé. Dans les modèles génériques présentés par Shure, un cardioïde rejette au mieux à 180 degrés, un supercardioïde autour de 125 degrés et un hypercardioïde autour de 110 degrés par rapport à l’axe avant. Ces angles sont des repères de principe. La réponse hors axe varie avec la fréquence et avec le modèle.

Le piège est facile à reproduire. Un cardioïde est installé avec son wedge dans l’axe arrière. Le système tient. Puis le micro est remplacé par un supercardioïde sans bouger le retour. Le wedge peut alors viser le lobe arrière de la nouvelle capsule. Le manuel du Shure Beta 58A montre justement un placement du retour sur le côté, autour de 120 degrés hors axe, plutôt qu’une règle générale à 180 degrés.

Nous ne choisirions donc pas un supercardioïde parce que son nom semble plus protecteur. Il peut fonctionner très bien si le retour tombe dans son angle utile. Il peut devenir moins favorable si l’installation conserve l’ancien emplacement. Regardez le diagramme du micro réellement posé sur le pied. Les dessins génériques de famille ne suffisent pas toujours.

La main autour de la grille complique encore la scène. Shure explique que le « cupping » modifie fortement la directivité d’un micro vocal. Selon le modèle et la manière de couvrir la grille, le rejet peut se dégrader jusqu’à donner un comportement presque omnidirectionnel, selon l’ingénieur FOH Frank Gilbert cité par Shure. Si le chanteur tient la capsule, l’angle prévu par le constructeur ne décrit plus correctement la situation.

Comment régler le gain sans déplacer le problème ?

Réglez le gain sur un niveau de jeu crédible. Une voix à pleine puissance, un refrain crié ou un instrument qui entre dans le retour peuvent modifier la marge. Demandez le passage qui pose problème, pas une phrase parlée et calme.

La distinction entre préampli et gain de boucle est centrale. Baisser le préampli puis remonter un étage en aval peut retrouver le même niveau acoustique. Le geste devient utile s’il évite l’écrêtage, améliore la plage de travail des faders ou réduit un bruit ajouté par la chaîne.

Le problème peut venir d’un autre canal. Une console de retours contient parfois plusieurs voix, des overheads ou des sources d’ambiance. Ouvrez ce qui aide la personne concernée. Shure estime qu’un doublement des micros ouverts retire environ 3 dB de gain disponible, une perte sensible quand plusieurs wedges reçoivent les mêmes voix.

Pour préparer la balance, la page Comment préparer sa balance de concert rappelle l’intérêt de tester les lignes, les gains et les retours avec l’implantation réelle. Ici, le point à retenir est plus étroit : un retour doit être réglé avec la position, le micro et le niveau du concert, pas avec une configuration provisoire.

Comment faire un ring-out sans faire hurler la scène ?

Le ring-out sert à trouver une fréquence instable avant le concert. Il ne consiste pas à pousser un wedge jusqu’au hurlement. Les procédures d’Allen & Heath et de Shure montent progressivement jusqu’au début du feedback, puis corrigent. Dès que l’amorce est reconnaissable, on baisse ou on coupe.

  1. Placez le micro, le pied et le wedge dans la configuration du concert. Ne faites pas le test avec un retour posé ailleurs que pendant le morceau.
  2. Partez d’un niveau bas et retirez les canaux inutiles du mix de retour.
  3. Montez lentement le niveau du retour jusqu’à l’amorce d’une tonalité persistante.
  4. Interrompez la montée, identifiez la fréquence et appliquez une correction modérée.
  5. Reprenez le test à un niveau légèrement supérieur, sans chercher à faire sonner chaque bande.
  6. Arrêtez si le niveau devient agressif, si un musicien est exposé ou si le système se comporte de façon imprévisible.

Cette séquence demande une personne au contrôle et des artistes éloignés de l’axe du retour. Un niveau de feedback peut surprendre l’oreille, saturer une chaîne ou mettre en difficulté un haut-parleur. Les sources consultées ne donnent pas une durée universelle pendant laquelle un larsen serait sans danger pour l’audition ou le matériel. La prudence consiste à détecter l’instabilité, pas à la prolonger.

Quelle égalisation soustractive utiliser contre un larsen ?

L’égalisation vient après le placement, la distance, la directivité et la réduction des micros inutiles. Une fois la fréquence identifiée, l’EQ soustractive réduit le gain de boucle à cet endroit. Le paramétrique choisit la fréquence, la profondeur et la largeur de bande. Le graphique touche souvent davantage le spectre autour du problème, comme l’explique Sweetwater.

Shure cite une réduction manuelle historique d’environ 3 dB sur la fréquence qui se met à sonner. Prenez-la comme un point de départ, pas comme une dose automatique. Shure évoque aussi 4 à 6 dB de marge supplémentaire avec un paramétrique précis, et 3 à 9 dB pour des égaliseurs ou réducteurs. Ce sont des ordres de grandeur constructeur, sans garantie pour votre salle.

Évitez d’empiler les encoches profondes. Après chaque coupe, une autre fréquence peut devenir le maillon le plus faible. Si dix bandes ont déjà été creusées et que le retour repart encore, le problème n’est probablement pas une absence de dixième coupe. Une discussion de r/livesound décrit précisément ce cas : des égaliseurs graphiques déjà fortement corrigés, puis de nouveaux larsens pendant le spectacle. Il faut alors reprendre la géométrie, les niveaux, les micros ouverts et les changements de position.

Aspect entenduRepère d’écoute fourni par ShureLecture à garder
Grondement ou « howl » graveEnviron 250 à 500 HzUne zone de recherche, pas une fréquence à couper d’avance
Tonalité chantanteAutour de 1 kHzÉcouter la note qui apparaît dans votre installation
Sifflement ou « screech »Au-dessus de 2 kHzÉviter de retirer tout le médium aigu par précaution
Très grave ou très aiguSous 80 Hz ou au-dessus de 8 kHz, décrit comme rareNe pas écarter ces cas, mais ne pas les présenter comme impossibles

Ces plages viennent du guide d’écoute de Shure. Elles ne définissent pas « la fréquence du larsen vocal ». Sweetwater rappelle qu’un déplacement de pied de micro ou le remplissage de la salle peut déplacer la fréquence chaude. Le même réglage peut donc perdre sa pertinence après un changement de plateau.

Un anti-feedback automatique ou des in-ears règlent-ils le problème ?

Un suppresseur automatique cherche une fréquence instable et lui applique une encoche étroite. La documentation HARMAN et dbx décrit, pour son AFS, des filtres fixes et des filtres « live », avec une spécification pouvant atteindre Q = 116, soit une largeur annoncée de 1/80 d’octave. Ce chiffre concerne cet algorithme. Il ne devient pas une valeur idéale pour chaque égaliseur manuel.

Un système automatique peut aussi se tromper. Allen & Heath avertit que son Feedback Assistant peut prendre pour un larsen une guitare en feedback volontaire, un synthétiseur, une flûte ou un chant lyrique. Gardez la main sur les filtres dans un set aux sons tenus.

Les in-ears retirent le trajet wedge vers le microphone. Shure les recommande pour cette raison. Ils suppriment donc cette boucle particulière, pas toute possibilité de feedback. Une façade, un side-fill ou un autre haut-parleur peut encore renvoyer du son vers le micro. L’IEM réduit une source de couplage ; il ne rend pas la capsule anti-larsen.

La page sur la table de mixage pour un groupe compare les voies et les bus utiles au retour. Pour le dépannage, gardez la priorité sur l’installation et le trajet acoustique. Le modèle d’enceinte compte, mais sa fiche ne remplace pas l’angle réel du micro, la pièce et le mix envoyé à ce retour.

Que faire si le larsen apparaît seulement pendant le concert ?

Un réglage stable à vide peut repartir dès que le chanteur avance, qu’un guitariste ouvre un effet ou que le public modifie les réflexions. Les fréquences critiques bougent avec la géométrie. Testez les positions réelles : bord du pied, déplacement vers l’avant, tête tournée, refrain plus fort, micro repris à la main.

Si le défaut accompagne un seul instrument, écoutez le contenu du retour plutôt que de couper tout le système. Si la voix devient instable quand un autre micro s’ouvre, le nombre de canaux peut être le premier levier. Si le défaut apparaît après un changement de micro, repartez du diagramme polaire. Si le défaut suit une position précise dans la salle, déplacez le wedge ou le pied avant de refaire toutes les coupes.

Le retour du chanteur dépend aussi de la prise en main. Micro chant : scène, studio et gain avant larsen traite ce point. Une main autour de la grille, une bouche qui s’éloigne ou un micro hors axe change la boucle. Le réglage d’un pied fixe ne prédit plus exactement le morceau.

Quels repères de sécurité faut-il garder pendant un ring-out ?

Le larsen est un signal tonal et soudain. Les chiffres d’exposition ne donnent pas un seuil spécial pour « deux secondes de feedback ». Pour les travailleurs, l’article R4431-2 du Code du travail fixe une valeur inférieure d’action à 80 dB(A) sur la journée et 135 dB(C) en crête, une valeur supérieure à 85 dB(A) et 137 dB(C), puis une valeur limite à 87 dB(A) et 140 dB(C). Ces seuils encadrent l’exposition professionnelle, pas un essai de larsen particulier.

L’INRS donne aussi des équivalences de dose : 80 dB(A) pendant 8 heures, 83 dB(A) pendant 4 heures, 86 dB(A) pendant 2 heures, 89 dB(A) pendant 1 heure, 92 dB(A) pendant 30 minutes, 95 dB(A) pendant 15 minutes et 98 dB(A) pendant 7,5 minutes. Ce tableau concerne le bruit cumulé. Il ne permet pas de déclarer un larsen bref inoffensif.

Dans les lieux concernés par la diffusion de sons amplifiés, le Code de la santé publique prévoit 102 dB(A) LAeq sur 15 minutes et 118 dB(C) sur 15 minutes aux endroits accessibles au public. Pour les activités destinées aux enfants jusqu’à six ans révolus, les valeurs indiquées sont 94 dB(A) et 104 dB(C) sur 15 minutes. Une limite réglementaire d’exposition globale ne transforme pas un larsen à 101 dB(A) en signal sûr.

Quelles erreurs font repartir le larsen ?

  • Placer tous les wedges directement derrière le micro. Cette position correspond au rejet arrière d’un cardioïde générique, pas à tous les supercardioïdes et hypercardioïdes.
  • Choisir un micro parce qu’il est présenté comme moins sensible au larsen. Shure ne reconnaît pas de propriété absolue de ce type.
  • Couper une fréquence avant de rapprocher la bouche du micro. Le gain nécessaire peut alors augmenter et le réglage devient plus fragile.
  • Transférer du gain du préampli vers un fader en pensant avoir gagné automatiquement de la marge. Le gain total de la boucle reste le critère.
  • Laisser les micros inutiles ouverts. Shure indique qu’un doublement du nombre de micros ouverts retire environ 3 dB de gain disponible.
  • Faire confiance à une fréquence mémorisée. La salle, le public, le pied de micro et le niveau de jeu peuvent déplacer la fréquence instable.
  • Faire hurler un wedge pendant le ring-out. L’objectif est l’amorce contrôlée, puis l’arrêt et la correction.

Quelles questions fréquentes sur le larsen des retours ?

Existe-t-il un micro qui ne larsène jamais ?

Non. Shure explique que la stabilité dépend du micro, du haut-parleur, des positions, des réponses fréquentielles et de l’acoustique. Un modèle peut mieux convenir à votre scène, mais aucun ne reste stable dans toutes les géométries et à tous les niveaux.

Faut-il toujours placer le wedge derrière le micro ?

Seulement si le diagramme du micro place son meilleur rejet dans cette direction. Shure donne 180 degrés pour un cardioïde générique, environ 125 degrés pour un supercardioïde et environ 110 degrés pour un hypercardioïde. La fiche du modèle utilisé passe avant la règle apprise.

Un supercardioïde protège-t-il mieux qu’un cardioïde ?

Il peut offrir une bonne réjection hors axe, mais son lobe arrière impose un placement différent. Un supercardioïde mal orienté peut donc poser plus de problèmes qu’un cardioïde correctement installé. Comparez les deux avec le même niveau, la même source et la position de retour adaptée à chaque diagramme.

Quelle fréquence faut-il couper pour arrêter un larsen vocal ?

Aucune fréquence universelle. Shure propose des repères autour de 250 à 500 Hz, autour de 1 kHz et au-dessus de 2 kHz selon le son perçu, mais la fréquence réelle dépend du système et de la salle. Identifiez l’amorce, puis utilisez une encoche étroite et modérée.

Les in-ears suppriment-ils tout risque de larsen ?

Non. Ils retirent le trajet du wedge vers le microphone. La façade, un side-fill ou une autre enceinte peut encore alimenter la boucle. Les in-ears réduisent une cause précise, tandis que le placement du micro et le niveau de la façade restent à contrôler.

Page mise à jour le 17 septembre 2026